Droit de grève au menu

Régys Caron

Tuesday, February 19, 2013, 2:27 PM

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Pauline Marois est disposée à exaucer le vœu des recteurs des universités et confirme que le droit de grève des étudiants sera à l’ordre du jour du Sommet sur l’enseignement supérieur au début de la semaine prochaine.

C’est ce qu’a annoncé la première ministre du Québec à l’Assemblée nationale en réaction à une primeur publiée dans notre livraison de mardi, où les recteurs et les dirigeants des cégeps réclamaient l’intervention du gouvernement afin de clarifier le vide juridique entourant le droit de grève des associations étudiantes.

«Le gouvernement précédent a allumé le feu et, maintenant, il nous demande comment on va l’éteindre, a asséné la première ministre lorsqu’elle répondait au chef de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier. Il y avait 100 000 personnes dans la rue (au printemps 2012), ça veut dire qu’il va falloir parler de la démocratie étudiante. Des gens souhaitent que ça soit discuté au Sommet. Nous avons convenu (…) que c’est un sujet qui pouvait être abordé», a dit Mme Marois.

La première ministre s’est montrée prudente avec les mots qu’elle utilisait. «Ne parlons pas de droit de grève, parlons du droit de manifester», a-t-elle nuancé. À son avis, la démocratie étudiante est assortie du droit de manifester, «entre guillemets, le droit de grève». Le gouvernement semble ouvert à l’idée de confirmer l’existence du droit de grève des étudiants et à encadrer la démocratie étudiante, à savoir éliminer les irritants dans la prise des votes par les associations étudiantes. 

«Droits nouveaux»

Le chef intérimaire du Parti libéral, Jean-Marc Fournier, prévient le gouvernement que le droit de grève des étudiants n’existe pas. «S’il y en a qui veulent changer ça, ils le font en présumant qu’il y a un vide juridique parce que la désobéissance civile, le non-respect des jugements (des tribunaux) procurent de nouveaux droits (…) Il n’y a pas de droit à la grève. Bloquer les ponts et le métro, ça ne donne pas le droit à la grève», a plaidé M. Fournier en point de presse.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, est du même avis. «Le droit de grève au collégial et à l’université, ça ne fait pas de sens (sic). Les étudiants qui ne veulent pas étudier ont juste à ne pas aller à leurs cours. On ne force personne à étudier», a dit M. Legault.

«Pendant 20, 30, 40 ans, on a été capables, à l’occasion de conflits dans le milieu de l’éducation qui pouvaient concerner les étudiants (ou) les enseignants, d’arriver à des ententes, de faire en sorte qu’on ne se retrouve pas dans une situation de crise comme celle que nous avons vécue l’année dernière (...) qui a été payée par l’argent des contribuables», a repris Pauline Marois.

«Choix de société»

Dans une mise au point publiée hier sur son site internet, la Conférence des recteurs et principaux des universités (CREPUQ) réitère son appel au gouvernement à clarifier la situation à la lumière des événements du «printemps érable». «Il est devenu évident que la question du droit de grève étudiant baigne dans un flou juridique intenable. Les universités se sont retrouvées entre des étudiants qui affirment exercer légitimement un droit de grève et d’autres invoquant le droit à recevoir l’enseignement», écrit le président Daniel Zizian.

«Il incombe au gouvernement de définir les droits, les obligations et les responsabilités des étudiants, des universités et du gouvernement lui-même. L’octroi ou la négation du droit de grève aux étudiants est un choix de société qui relève ultimement d’une décision gouvernementale», écrit la CREPUQ. Les recteurs ne se prononcent ni en faveur ni contre le droit de grève des étudiants. «Des changements législatifs s’imposent», réclament-ils.

Les directeurs généraux des cégeps demandent au gouvernement d’octroyer et d’encadrer le droit de grève des étudiants.

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